Ile de Cuba

La plus grande des îles Caraïbes épouse un peu la forme d’un gros crocodile. Pourtant, on la compare toujours à une perle. Ses milliers de kilomètres de plages ont la couleur de la nacre, sa musique vous envoûte. L’Espagne et l’Afrique ont réussi ici un fabuleux métissage que vous découvrirez vous- même : peuple formidable doué d~un sens de l’hospitalité rare. La vie est là: humour, sourire, naturel, sens de la fête. Ajoutez à cela une architecture mi- espagnole, mi-coloniale qui achèvera de vous plonger dans une ambiance typiquement cubaine.

Cuba paradis des touristes

Sur cette île paradisiaque (pour les visiteurs étrangers), le quotidien des Cubains prend parfois la tournure d’un purgatoire, parfois d’un enfer. Les besoins les plus simples deviennent des problèmes kafkaïens : se procurer du sucre, du lait pour les enfants, du savon pour la toilette, du combustible pour la cuisinière, de la graisse de porc pour frire les bananes, des pièces détachées pour la Lada ou de l’essence pour la vieille Buick, etc. Nécessité fait loi, comme disaient les Anciens. li faut le savoir avant de débarquer.


Une vie hors de commun

Mais Cuba, c’est aussi et plus que jamais une extrême misère. Le peuple est pauvre, totalement démuni, et le salaire mensuel moyen est de 10 US$. Cuba, ce sont des gens qui, avec presque rien, construisent une montagne. « Eldorado socialiste », diront certains. Eldorado pour les touristes, certes. En ce qui concerne la population locale, toutes les initiatives individuelles sont souvent réduites à néant. Le régime de Fidel Castro, au pouvoir depuis 1959, sorte de « dictature de velours », empêche les Cubains d’être réellement libres et la jeunesse qui n’a pas connu la révolution aspire à autre chose. L’horizon est bouché.

Hay que luchar (« faut se battre »), répondent les Cubains, obsédés par la pénurie et écrasés sous le poids des problèmes quotidiens. Cette fois, la lutte se fait contre un ennemi intérieur : la misère économique, produit d’un système obsolète et d’un embargo américain aujourd’hui sans raison d’être. Au jour le jour, les Cubains attendent peu de l’économie officielle (paralysée par la bureaucratie) et énormément de l’économie « parallèle », la seule capable de leur apporter des revenus complémentaires. Chacun se débrouille comme il peut. Tous les moyens sont bons pour survivre : le travail au noir, les trafics, les petits boulots clandestins. C’est la lucha, terme em,ployé pour désigner cette course effrénée aux dollars (voir la rubrique « Economie »). Cette lucha est l’unique moyen de survie dans un pays où la plupart des biens de consommation sont vendus en dollars alors que 95 % des travailleurs sont payés en pesos, la monnaie nationale.

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